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Enquête. France. Toutes les données de cette page sont arrêtées au 19 septembre 2026.

« Il faut neuf dents » : enquête sur le seuil qui décide de votre reste à charge

Le seuil des neuf dents concerne les prothèses amovibles définitives en résine du panier « 100 % Santé ». En dessous de ce seuil, le montant restant à votre charge pour d’autres options prothétiques dépend de la procédure et du contrat d’assurance complémentaire. Il n’est pas nécessairement supérieur à zéro.

Illustration : comparaison de devis dentaires détaillés. Les documents vierges ne mentionnent ni les prix réels ni les décisions de remboursement.
Illustration : comparaison de devis dentaires détaillés. Les documents vierges ne mentionnent ni les prix réels ni les décisions de remboursement.

Denticor vend une dent provisoire à poser soi-même. Cette enquête a été produite par Denticor. Elle porte sur le remboursement des dents manquantes en France, c'est-à-dire sur le marché dans lequel nous vendons. Le produit n'apparaît qu'une fois, dans une section identifiée, et il n'est la réponse à aucune des questions posées ici. Les coordonnées de l'éditeur et les mentions légales sont en bas de page.

Si vous avez perdu une dent, ou deux, ou trois : les six lignes qui comptent

Le coût du rendez-vous dépend de votre prise en charge

Pour une consultation standard facturée au tarif conventionnel de 23 € et remboursée à 60 %, il reste 9,20 € à votre charge avant prise en charge par l’assurance complémentaire. D’autres actes, des suppléments et des exemptions individuelles peuvent modifier ce montant. Renseignez-vous sur le montant avant de prendre rendez-vous et décrivez précisément vos symptômes réels.

Dès une seule dent absente, vous avez droit à un appareil amovible.

Une dent manquante pouvant être remplacée constitue une condition de facturation, et non la preuve que toutes les options prothétiques conviennent à chaque patient. Le plan de traitement doit correspondre à la situation individuelle. Code HBLD364 pour une à trois dents, panier 100 % Santé, plafond de facturation 283,25 €.

Cet appareil est dit « de transition ».

C'est un provisoire, conçu pour quelques semaines à quelques mois. En dessous de neuf dents manquantes, la résine amovible du panier 100 % Santé relève de la catégorie « de transition » — et c'est l'objet de cette enquête.

« Gratuit » suppose deux choses

: un chirurgien-dentiste conventionné, et un contrat de complémentaire santé responsable. Sans complémentaire responsable, il vous reste environ 244 € sur cet appareil.

Une couronne ou un bridge en zircone sont sans reste à charge depuis le 1er janvier 2026

, sur toutes les dents. Si votre cas s'y prête, la solution fixe est à zéro euro — avec un coût clinique que nous détaillons.

Faites remplir la colonne « Panier » du devis.

Un chiffre 1 signifie 100 % Santé. Un devis dont cette colonne est vide n'est pas lisible.

Et si vos ressources annuelles sont inférieures à 10 421 € pour une personne seule, demandez la Complémentaire santé solidaire : la demande se fait sur votre compte ameli ou par formulaire papier, à n'importe quel moment de l'année, et la réponse arrive en deux mois environ.

Quatre patients, une même phrase : « il faut neuf dents »

Le 19 mai 2024, sur le forum officiel de l'Assurance Maladie, une assurée qui signe Vette49 écrit ceci :

« Pour une prothèse dentaire amovible 7 dents, mon dentiste ne me propose pas de 100% Santé, il faut 9 dents pour une prise en charge à 100%, est-ce vrai ? »

Le 31 mai, une experte certifiée Ameli lui répond. Elle explique comment les actes sont cotés à la CCAM et conclut que seul le professionnel peut la conseiller. La question des neuf dents n'est pas abordée. Le fil porte la mention « Résolue », et il reste en tête des résultats de recherche. (forum-assures.ameli.fr, 19 mai 2024 — témoignage)

Elle n'est pas seule. Trois autres personnes rapportent exactement la même phrase, entendue de leur propre dentiste :

  • Nanou, forum de l'Assurance Maladie, 9 avril 2026 : « mon dentiste me dit que les prothèses inférieure amovibles partielle en résine ne font pas parties du panier 100 % santé si il ny a pas au moins 9 dents a remplacer. » (source — témoignage)
  • Chaumont, commentaire sur eurodentaire.com, 27 mai 2026, huit dents, à qui l'on a dit neuf. Le modérateur du site — un site du secteur dentaire — lui a répondu que « le seuil de 9 dents paraît étrange ». (source — témoignage)
  • Cloclo, forum de l'Assurance Maladie, 5 mars 2025. Le dentiste de sa mère lui a annoncé qu'il fallait dix dents pour un appareil qui n'en comptait que six. Sa phrase : « Je n'ai vu cette règle nulle part. » (source — témoignage)

Quatre personnes, deux plateformes, deux ans d'écart — dont trois sur le même forum, celui de l'Assurance Maladie. C'est une limite de notre échantillon, et nous y revenons plus bas. Personne ne leur a ni confirmé ni infirmé la règle : ni l'experte officielle, ni un site du secteur. Nous sommes donc allés vérifier dans les trois documents que l'Assurance Maladie publie pour les dentistes et non pour les patients : la table des tarifs conventionnels, l'aide à la codification des actes prothétiques et le chapitre de la CCAM qui décrit les prothèses amovibles.

La réponse y est — et elle vaut pour les prothèses amovibles définitives en résine. Vette49 et Nanou ont reçu la bonne information. Chaumont parlait d'un bridge, une prothèse fixe, à laquelle cette clause ne s'applique pas. Et le dentiste de la mère de Cloclo a dit dix : le seuil existe bel et bien, mais il est de neuf.

Les dentistes ne l'inventent pas. Sur quatre cas, la table des tarifs en confirme deux, en corrige un et en écarte un. Ce qui est constant, c'est qu'aucun des quatre n'a pu faire vérifier la règle par l'institution qui l'écrit.

Ce que dit la table des tarifs

8 dents

Châssis métallique

HBLD470

Prix maximal facturé

1 405,95 €

Base de calcul du remboursement : 247,25 €

Tarifs maîtrisés
9 dents

Plaque base résine

HBLD101

Prix maximal facturé

700,40 €

Base de calcul du remboursement : 129 €

100 % Santé
Illustration · Deux lignes distinctes dans le barème français. Il s'agit des prix maximaux facturés, et non du montant que le patient paiera automatiquement. La participation réelle dépend de la prestation choisie et de la couverture d'assurance. Source : Assurance Maladie, tarifs 2026.

Sur sa page destinée aux chirurgiens-dentistes, mise à jour le 4 février 2026, l'Assurance Maladie énumère les prothèses qui entrent dans le panier 100 % Santé. La phrase, mot pour mot :

« prothèses amovibles définitives en résine : en remplacement de 9 à 14 dents sur un seul maxillaire ; en remplacement de 2 fois 14 dents (lorsque les deux maxillaires totalement édentés) ; prothèses amovibles de transition en résine : en remplacement de 1 à 14 dents sur un seul maxillaire »

(ameli, « Les matériaux et les actes prothétiques inclus dans l'offre 100 % Santé dentaire », page mise à jour le 4 février 2026.)

Neuf à quatorze dents. Pas une à quatorze.

L'outil d'aide à la codification de l'Assurance Maladie dit la même chose autrement. Nous avons ouvert l'arbre feuille par feuille, sur chacune des pages d'une à treize dents, le 19 septembre 2026. À neuf dents et au-delà, une branche « plaque base résine » existe et porte l'étiquette panier 100 % santé. De 1 à 8 dents, la seule matière que la table propose pour un appareil définitif est « métallique ». Il n'y a aucune exception dans l'intervalle.

Une réserve, et une seule. Aucune phrase d'ameli ni de la CCAM n'écrit que la résine définitive n'existe pas en dessous de neuf dents. Nous le tenons d'une énumération exhaustive — les treize feuilles de l'arbre de codification, plus le chapitre 07.02.03.03 de la CCAM, où les codes de résine définitive n'apparaissent qu'à 9 (HBLD101), 10 (HBLD138), 11 (HBLD083), 12 (HBLD370) et 13 dents (HBLD349), pour les arcades complètes (HBLD031, HBLD035) et sous l'ancien code groupé HBLD024. C'est une déduction tirée d'une liste complète, pas une règle citée. Si vous détenez la phrase officielle qui la confirme ou l'infirme, écrivez-nous.

Voici les deux lignes de part et d'autre du seuil, dans la table des tarifs conventionnels de l'Assurance Maladie, page mise à jour le 3 février 2026, tarifs en vigueur au 1er janvier 2026.

8 dents9 dents
CodeHBLD470HBLD101
Matièrechâssis métalliqueplaque base résine
Base de remboursement247,25 €129 €
Plafond de facturation1 405,95 €700,40 €
Paniertarifs maîtrisés100 % Santé
Ce que vous payezselon le devis et votre complémentaire, éventuellement 0 €0 €, aux deux conditions

À neuf dents, une option apparaît qui n'existait pas à huit : la même résine, mais qualifiée de définitive, plafonnée à 700,40 € et sans reste à charge. Le stellite, lui, continue de monter — 1 405,95 € à huit dents, 1 442 € à neuf (HBLD435). Ce n'est donc pas la fabrication qui devient moins chère : c'est une porte gratuite qui s'ouvre.

La neuvième dent est la seule dont la perte, en appareil amovible, fait tomber votre facture au lieu de la faire monter. (Nous précisons « en appareil amovible » à dessein : en prothèse fixe, une dent manquante peut aussi être remplacée à zéro euro dans certaines configurations. C'est la porte n° 2, plus bas, et elle a un coût clinique qu'il faut énoncer en même temps que le zéro.)

À titre de comparaison, le bas de l'échelle : un appareil définitif d'une à trois dents, c'est le code HBLD131, un stellite, base 193,50 €, plafond 1 133 €, panier à tarifs maîtrisés. Le reste à charge dépend de votre complémentaire.

La même règle, écrite deux fois par la même institution

La page d'ameli destinée au grand public décrit le même panier comme couvrant « les dentiers en résine (prothèses amovibles) pour tout ou partie des dents » — sans condition, sans compte de dents. La page destinée aux dentistes porte la clause « 9 à 14 dents ». Même institution, même règle, deux formulations incompatibles.

C'est très probablement pour cela que des patients arrivent au cabinet en attendant quelque chose qu'ils n'obtiendront pas, et que leur dentiste passe pour un menteur alors qu'il lit la bonne table.

Le tableau que personne ne publie

Les trois échelles complètes, au 1er janvier 2026, avec leur code CCAM et leur plafond de facturation. La colonne vide au milieu, d'une à huit dents, est le sujet de cette enquête.

Dents à remplacerRésine de transition (100 % Santé)Résine définitive (100 % Santé)Châssis métallique (tarifs maîtrisés)
1 à 3HBLD364 — 283,25 €HBLD131 — 1 133 €
4HBLD476 — 319,30 €HBLD332 — 1 236 €
5HBLD224 — 379,04 €HBLD452 — 1 277,20 €
6HBLD371 — 412 €HBLD474 — 1 319,43 €
7HBLD123 — 463,50 €HBLD075 — 1 354,45 €
8HBLD270 — 463,50 €HBLD470 — 1 405,95 €
9HBLD148 — 463,50 €HBLD101 — 700,40 €HBLD435 — 1 442 €
10HBLD231 — 463,50 €HBLD138 — 741,60 €HBLD079 — 1 472,90 €
11HBLD215 — 504,70 €HBLD083 — 787,95 €HBLD203 — 1 493,50 €
12HBLD262 — 515 €HBLD370 — 824 €HBLD112 — 1 545 €
13HBLD232 — 515 €HBLD349 — 875,50 €HBLD308 — 1 565,60 €
Arcade complèteHBLD032 — 535,60 €HBLD031 — 1 133 €HBLD047 — 1 648 €
Les deux arcadesHBLD259 — 1 205,10 €HBLD035 — 2 369 €HBLD046 — 3 708 €

Source : ameli, tarifs conventionnels, page mise à jour le 3 février 2026, tarifs en vigueur au 1er janvier 2026 ; affectation des paniers : ameli, matériaux et actes du 100 % Santé, 4 février 2026. Les plafonds sont des maximums, pas des tarifs : un praticien peut facturer moins.

Deux réparations, souvent utiles et rarement connues, sont elles aussi dans le panier sans reste à charge : recoller un appareil en résine fêlé ou fracturé (HBMD020, plafond 82,40 €, ou 87,55 € avec renfort métallique) et ajouter ou changer un élément (HBMD017, 87,55 €). En revanche, si vous perdez l'appareil, ou s'il est cassé au point d'être irréparable, rien n'est prévu. Isabelle, experte Ameli certifiée, le 27 octobre 2021 : « Le renouvellement d'une prothèse dentaire pour perte ou bris n'est pas prévu par la législation. » Marlène, experte certifiée, le 1er juillet 2025, le confirme, y compris pour une bénéficiaire de la Complémentaire santé solidaire. (source, source)

Il n'existe par ailleurs aucun délai de renouvellement dans le régime général. La CCAM est explicite : « La durée d'usage des prothèses dentaires n'est pas limitée ; la prise en charge du renouvellement des prothèses dentaires est subordonnée à l'usure des appareils ou des dents ou à des modifications morphologiques de la bouche. » Pas d'équivalent de la règle des lunettes tous les deux ans. Le « 5 ans » imprimé sur de nombreuses pages commerciales, nous ne l'avons rattaché à aucun texte réglementaire, et nous ne le reproduisons donc pas.

Ce que vous avez probablement déjà lu, et qui est faux

La première réponse de Google est canadienne

Tapez « dent manquante que faire », la requête la plus urgente de ce sujet. Le premier résultat naturel est une page de guidedessoins.com (Bücco), datée du 30 juillet 2018, sans mise à jour visible, qui ne mentionne ni la Sécurité sociale, ni la mutuelle, ni le 100 % Santé, et qui renvoie vers la Régie de l'assurance maladie du Québec. Plusieurs autres résultats de la première page sont des cliniques canadiennes.

Le deuxième résultat sur « dent manquante » est laboratoire-medident.fr, publié le 15 mai 2020 avec une date de dernière mise à jour antérieure à sa publication (7 septembre 2019). Il présente cinq solutions, dont un produit thermoplastique à faire soi-même vendu une vingtaine d'euros par ce même laboratoire, cite les remboursements dans l'ancienne notation NGAP (« SPR 30 64.49 ») plutôt qu'en codes CCAM, et ne mentionne jamais le 100 % Santé.

Le reste de la première page, sur les sept requêtes que nous avons examinées, se range en quatre familles : courtiers et comparateurs d'assurance, opérateurs de tourisme dentaire, cliniques et laboratoires qui vendent le traitement, et contenu étranger. Les seules sources qui ne vendent rien sont ameli.fr — juridique, éclaté sur une douzaine d'URL, muet sur les questions humaines — et aide-sociale.fr, qui se rémunère par un comparateur de mutuelles.

(Notre analyse des positions a été faite depuis un index de recherche géolocalisé aux États-Unis. C'est une bonne approximation de google.fr, pas un relevé français. Le contenu des pages, lui, a été lu directement.)

Le taux de 70 % : quatre pages, avec leurs dates

Le taux de remboursement de l'Assurance Maladie sur les honoraires des chirurgiens-dentistes est de 60 %, et non de 70 %, depuis le 15 octobre 2023. Quatre pages très bien référencées portent encore 70 %, consultées le 19 septembre 2026 :

  • Cocoon, publiée le 17 avril 2024 ;
  • Selectra.info, mise à jour le 26 mars 2025, qui écrit : « Le dentier est pris en charge par l'Assurance maladie à hauteur d'un taux de remboursement de 70 % » ;
  • April, créée le 11 juillet 2023 ;
  • Skarlett, mise à jour le 20 août 2026, portant un taux périmé depuis le 15 octobre 2023.

Nous nommons ces quatre pages avec leurs dates plutôt que de généraliser : Eurodentaire, souvent citée comme fautive, a corrigé la sienne et écrit désormais 60 %. Et jechange.fr, du même groupe que Selectra, écrit 60 % sur sa page équivalente, mise à jour le 3 septembre 2026. Même opérateur, deux chiffres opposés, les deux bien placés.

La chaîne juridique, si vous voulez la vérifier : le décret n° 2023-701 du 31 juillet 2023 a élargi l'article R. 160-5 du code de la sécurité sociale à une participation de 35 à 45 %, et l'arrêté du 12 octobre 2023 l'a fixée à 40 %, son article 2 précisant : « Le présent arrêté entre en vigueur le 15 octobre 2023 ». 40 % de participation, donc 60 % de remboursement.

« 50 % en 2027 » n'est pas encore le droit

Le décret n° 2026-809 du 21 août 2026 déplace la fourchette de l'article R. 160-5 : la participation passe de 35-45 % à 50-60 %, soit une part de l'Assurance Maladie ramenée à 40-50 % au 1er janvier 2027. Mais le décret ne fait qu'élargir la fourchette. Le taux applicable doit encore être fixé par un arrêté de l'UNCAM, qui n'était pas publié au 19 septembre 2026. Caducee.net, le 9 septembre 2026, le formule ainsi : les taux avancés par le gouvernement « correspondent donc à une trajectoire politique, pas encore à la grille définitive des remboursements 2027 ».

Le panier 100 % Santé est explicitement préservé par la notice du décret. Les Chirurgiens-Dentistes de France ont annoncé un recours pour excès de pouvoir devant le Conseil d'État : s'il aboutit, la baisse peut ne pas avoir lieu.

Faut-il attendre 2027 pour faire poser sa prothèse ? Non

L'annexe V de la convention nationale publie déjà quatre colonnes de plafonds datées : jusqu'au 31 décembre 2025, au 1er janvier 2026, au 1er janvier 2027 et au 1er janvier 2028. Presque tous les actes conservent leur valeur 2026 en 2027 et en 2028. La seule exception que nous ayons relevée est l'inlay-core (HBLD090), dont le plafond descend de 175 € à 150 € en 2026, puis 140 € en 2027 et 130 € en 2028. Aucune page française grand public ne publie ces colonnes. (annexes de la convention)

Des prix de provisoire au-dessus du plafond

Plusieurs pages françaises bien référencées annoncent, pour un appareil provisoire, des prix supérieurs au plafond de facturation de l'acte équivalent dans le panier sans reste à charge. Pages consultées le 19 septembre 2026 :

PagePrix annoncéPlafond 2026 de l'acte équivalent
chirurgie-buccale.org800 à 2 500 € pour un provisoire complet535,60 € par arcade (HBLD032)
dentaly.org380 à 550 € pour une à trois dents283,25 € (HBLD364)
eurodentaire.comenviron 100 € pour une couronne provisoire61,80 € (HBLD490 / HBLD724)

Aucune de ces pages n'indique le panier auquel elle se réfère. Un provisoire posé hors du panier sans reste à charge — sur implant, par exemple — relève des tarifs libres et peut légalement coûter davantage. Nous constatons l'écart avec le plafond ; nous ne qualifions pas ces factures.

Et une célèbre couronne à 704 €

En janvier 2018, 60 Millions de Consommateurs relevait dans quarante villes une couronne céramo-métallique à 519 € à Nîmes et 704 € à Paris. Ce chiffre circule encore comme preuve que la dentisterie française est inabordable. Le plafond de facturation 2026 pour cet acte dans le panier sans reste à charge — sur incisives, canines et premières prémolaires — est de 515 € (HBLD634). Facturer 704 € dans ce panier serait aujourd'hui irrégulier. La réforme a retiré environ 190 € au prix parisien, et le chiffre qu'on cite pour la dénoncer est devenu un prix qu'on n'a plus le droit de pratiquer.

Une précision qui évite une autre erreur très répandue : les plafonds sont nationaux et identiques partout. Sur un acte plafonné, il n'y a pas de prix parisien et de prix de province.

Une à huit dents à remplacer : les quatre portes

Vous n'êtes pas coincé. Vous avez quatre portes, classées ici de la plus accessible à la plus lourde. Chacune a son code, son plafond, son panier et son revers, et les quatre sont détaillées ensuite.

PorteCe que c'estCe que vous payezCe qu'il faut savoir
1. Résine de transitionUn appareil amovible provisoire, de 1 à 14 dents0 € aux deux conditions ; sinon ≈ 244 € pour une à trois dentsC'est un provisoire : retouches fréquentes, quelques semaines à quelques mois, et sa perte n'est pas remboursée
2. Couronne ou bridge zirconeDe la prothèse fixe, sans appareil0 € aux deux conditionsIl faut des dents piliers saines, on les taille, et c'est impossible s'il n'y a plus de dent derrière le trou
3. StelliteL'appareil amovible définitif en dessous de neuf dentsUn reste à charge réel : jusqu'à 939,50 € pour une à trois dentsC'est la recommandation clinique courante — et c'est elle qui vous fait sortir du panier gratuit
4. ImplantHors nomenclatureTout, sauf 64,50 € sur la couronneAucun plafond, aucune prise en charge, sauf deux indications très étroites

Les deux conditions, une fois pour toutes. Chaque « 0 € » de cette page suppose un chirurgien-dentiste conventionné et un contrat de complémentaire santé responsable. Ce sont les mots d'ameli, pas les nôtres. Elles sont détaillées plus bas, avec ce qu'il reste à payer quand l'une des deux manque.

Porte 1 — la résine de transition : gratuite dès une dent, et provisoire par construction

Dès une seule dent absente, vous y avez droit. La CCAM pose une condition et une seule : « A droit à un appareil de prothèse dentaire amovible, tout bénéficiaire qui présente au moins une dent absente et remplaçable, à l'exception des dents de sagesse. » Pas de condition d'âge, pas de position de la dent, pas d'entente préalable, pas de visite préalable.

Voici le mécanisme du seuil, et il n'a rien à voir avec la matière ou la qualité. Le même appareil, en résine, fabriqué par le même laboratoire, change de panier selon un mot écrit sur le code : « définitive » ou « de transition ». La gamme de transition couvre 1 à 14 dents et elle est entièrement dans le panier 100 % Santé. La gamme définitive en résine commence à neuf dents. Entre les deux, il y a le stellite : plafonné, mais payant.

Appareil de transition en résineCodePlafond 2026
1 à 3 dentsHBLD364283,25 €
4 dentsHBLD476319,30 €
Arcade complèteHBLD032535,60 €
Les deux arcadesHBLD2591 205,10 €

ameli, tarifs conventionnels, en vigueur au 1er janvier 2026. L'échelle complète est plus haut.

Ce que « de transition » veut dire cliniquement, d'après les guides de procédure et les cabinets français qui les publient : un appareil en résine posé après l'extraction, qui demande des retouches fréquentes parce que la gencive et l'os continuent de changer de forme, et dont la durée de vie est décrite comme « quelques semaines à quelques mois ». Ce n'est pas un défaut de fabrication. C'est sa fonction.

En dessous de neuf dents manquantes, le seul appareil amovible que le système vous donne gratuitement est donc un provisoire. C'est le constat central de cette enquête, et c'est aussi, pour beaucoup de lecteurs, une bonne nouvelle : il existe, il est plafonné, il ne coûte rien aux deux conditions, et il n'attend pas que vous ayez perdu neuf dents.

Porte 2 — la couronne ou le bridge : zéro euro, mais on taille des dents saines

Illustration d’un bridge fixe classique. Les deux couronnes extérieures sont posées sur des dents piliers préparées, et la dent centrale comble l’espace. Il ne s’agit pas de Denticor.
Illustration d’un bridge fixe classique. Les deux couronnes extérieures sont posées sur des dents piliers préparées, et la dent centrale comble l’espace. Il ne s’agit pas de Denticor.

Depuis le 1er janvier 2026, la couronne céramique monolithique en zircone est dans le panier sans reste à charge sur toutes les dents, molaires comprises (HBLD073, plafond 453,20 €). L'article 30.1 de la convention le dit mot pour mot : « À compter du 1er janvier 2026, l'acte de pose d'une couronne dentaire dentoportée céramique-monolithique zircone sur une molaire (HBLD073) est intégré au panier RAC 0. » Un bridge tout-zircone est entré dans le même panier (HBLD099, plafond 1 359,60 €). La couronne métallique (HBLD038, 298,70 €) y est depuis le 1er janvier 2021, date à laquelle le panier s'est ouvert aux couronnes métalliques postérieures et aux amovibles en résine. La céramo-métallique sur incisives, canines et premières prémolaires est plafonnée à 515 € (HBLD634).

Donc, dans certaines configurations, une dent manquante peut être remplacée à zéro euro par un bridge, et une dent délabrée couronnée à zéro euro. Il faut cependant lire ce zéro avec ce qui l'accompagne :

  • Un bridge du panier sans reste à charge compte trois éléments : deux dents piliers et la dent remplacée entre elles. C'est une dent manquante, pas huit.
  • Les dents piliers doivent être saines, et on les taille. C'est un coût en substance dentaire, définitif, et il ne figure sur aucun devis.
  • C'est impossible en extrémité libre — autrement dit, s'il n'y a plus de dent derrière le trou. Le test est simple : regardez s'il reste une dent au-delà de l'espace.

Ces contraintes sont cliniques, pas tarifaires : elles ne se lisent nulle part dans la table. La question à poser est donc simple, et elle figure aux numéros 5 et 6 de l'encadré : une couronne ou un bridge zircone sont-ils techniquement possibles dans mon cas ?

Si c'est une dent de devant

Une dent visible n'a rien d'un cas particulier pour le système : c'est simplement le cas qui amène le plus de gens au cabinet. Ce qui s'applique à vous, rassemblé :

  • Dès une dent absente, l'appareil amovible de transition (HBLD364, plafond 283,25 €, panier 100 % Santé) la remplace. C'est la voie la plus rapide et la seule qui ne dépende d'aucune condition clinique.
  • Si la dent est encore là mais délabrée : une couronne zircone (HBLD073 ou HBLD350, plafond 453,20 €) est sans reste à charge depuis le 1er janvier 2026. En céramo-métallique sur une incisive, une canine ou une première prémolaire, le plafond est de 515 € (HBLD634), également dans le panier sans reste à charge.
  • Si la dent manque et que les voisines sont saines : un bridge tout-zircone (HBLD099, plafond 1 359,60 €) est sans reste à charge. Un bridge céramo-métallique remplaçant une incisive est plafonné à 1 508,95 € (HBLD785).
  • Dans tous les cas, les deux conditions s'appliquent, et le bridge suppose une dent de part et d'autre du trou.

Une dentiste a répondu par courriel à une patiente qui avait perdu une prémolaire qu'elle ne proposait pas le 100 % Santé « car ce n'est pas esthétique » (aurélie, forum de l'Assurance Maladie, 7 novembre 2024 — témoignage). L'esthétique est un motif légitime de consulter ; ce n'est pas un motif légitime de refuser d'inscrire l'option sur le devis.

Porte 3 — le stellite : définitif, plafonné, mais payant

Illustration d’une prothèse partielle amovible à armature métallique, d’après un exemple réel. Les bases roses portent les dents de remplacement ; l’armature métallique et les crochets assurent la fixation et le maintien de la prothèse. Il ne s’agit pas de Denticor.
Illustration d’une prothèse partielle amovible à armature métallique, d’après un exemple réel. Les bases roses portent les dents de remplacement ; l’armature métallique et les crochets assurent la fixation et le maintien de la prothèse. Il ne s’agit pas de Denticor.

Le stellite, ou châssis métallique, est l'appareil amovible définitif que la table propose en dessous de neuf dents. Il est plafonné, ce qui est déjà considérable : le dentiste ne peut pas facturer au-delà. Mais il est dans le panier à tarifs maîtrisés, et non dans le panier sans reste à charge.

Dents à remplacerCodeBasePlafond 2026
1 à 3HBLD131193,50 €1 133 €
4HBLD332204,25 €1 236 €
5HBLD452215 €1 277,20 €
6HBLD474225,75 €1 319,43 €
7HBLD075236,50 €1 354,45 €
8HBLD470247,25 €1 405,95 €

ameli, tarifs conventionnels, en vigueur au 1er janvier 2026.

Combien payez-vous réellement ? Cela dépend entièrement de votre contrat, et personne ne peut le dire à votre place. Ce que nous pouvons faire, c'est chiffrer le scénario le plus défavorable, en montrant d'où viennent les chiffres.

Le scénario le plus défavorable, et il faut le lire comme tel. Si votre complémentaire ne prend en charge que le ticket modérateur — c'est-à-dire le strict minimum légal — ce qui reste à votre charge est le plafond moins la base : 1 133 − 193,50 = 939,50 € pour trois dents ; 1 405,95 − 247,25 = 1 158,70 € pour huit. C'est notre calcul, pas un chiffre officiel. La DREES le formule ainsi : les complémentaires « doivent rembourser le ticket modérateur (TM), mais sont libres de prendre en charge ou non […] le remboursement des dépassements » (DREES, La prise en charge des soins dentaires, édition 2024). Un bon contrat peut couvrir tout ou partie de cet écart. Un contrat au minimum ne couvrira rien. Et le plafond est un maximum, pas un tarif : demandez au praticien le montant qu'il facturera réellement.

Et voici ce que personne n'écrit : le stellite est la recommandation clinique courante pour un appareil partiel. On vous dira, souvent à juste titre, qu'une base métallique tient mieux. Un patient à qui l'on dit cela n'entend pas un argument commercial — il entend un bon conseil, qui est probablement exact. Mais cette phrase le fait sortir du panier sans reste à charge. Ce n'est écrit sur aucune page grand public.

Porte 4 — l'implant : hors nomenclature, donc à votre charge

Si l'implant coûte cher, ce n'est pas parce que les dentistes le facturent cher. C'est parce qu'il est hors nomenclature.

  • La pose de l'implant. Le code existe et porte un vrai tarif — LBLD015, « Pose d'1 implant intraosseux intrabuccal, chez l'adulte », 422,18 € — mais son champ de facturation est limité à deux indications rares. Il est donc faux de dire que l'implant n'a pas de code : il en a un auquel l'immense majorité des patients n'a pas droit.
  • Les deux indications, précisément, parce qu'elles ne sont presque jamais énoncées et qu'elles concernent de vrais gens. L'agénésie : « Agénésie d'au moins 6 dents permanentes pour l'ensemble de la denture, non compris les dents de sagesse, dont l'une au moins des dents absentes fait partie des dents indiquées », confirmée par un généticien ou un spécialiste des maladies rares, après la fin de la croissance, dans le cadre d'un protocole de soins. Les séquelles de tumeur de la cavité buccale ou des mâchoires, plafonnées à quatre implants au maxillaire et deux à la mandibule, après consultation pluridisciplinaire. Si vous êtes dans l'un de ces deux cas, dites-le : c'est le seul endroit du système où l'implant est pris en charge.
  • Le pilier, la pièce qui relie l'implant à la couronne : code HBLD012, tarifé 0,00 €, classé non pris en charge.
  • La couronne sur implant : code HBLD418, base 107,50 €, remboursée 60 %, soit 64,50 €. C'est tout.

(Sources : CCAM LBLD015, CCAM HBLD012, CCAM HBLD418, ameli, prise en charge des agénésies.)

Attention à un chiffre très répandu et faux. Plusieurs assureurs et comparateurs impriment « base 120 €, remboursé 72 € » pour la couronne sur implant — parmi eux la page conseil d'AG2R La Mondiale, consultée le 19 septembre 2026. 120 €, c'est la base d'une couronne céramique sur une dent naturelle. Le chiffre de la CCAM pour HBLD418 est 107,50 €, et le remboursement 64,50 €.

Ce que coûte un implant, nous ne le publions pas. Aucun organisme public ne publie de moyenne — ni la DREES, ni la CNAM, ni un observatoire des prix. Les seules fourchettes disponibles viennent de comparateurs, d'assureurs et de pages tarifaires de cabinets, c'est-à-dire de parties qui ont un intérêt au chiffre. Nous préférons ne pas les reprendre. Sachez seulement que la greffe osseuse et l'élévation sinusienne sont elles aussi hors nomenclature, et donc intégralement à votre charge : le seul chiffre certain de cette section reste le 64,50 € ci-dessus.

Pour mémoire, l'implant a déjà été porté devant l'Assemblée nationale. Le député David Habib a interrogé le gouvernement le 18 octobre 2022 (question écrite n° 2212, 16e législature, rubrique « assurance maladie maternité ») sur le coût des implants et leur non-remboursement, relevant que, faute d'être inscrits à la nomenclature, leurs prix varient fortement d'un praticien à l'autre. Une réponse ministérielle a été publiée le 17 janvier 2023. Elle renvoie au panier sans reste à charge des couronnes et des bridges. (question 2212)

Neuf dents ou plus : votre chemin est plus court

Si vous devez remplacer neuf dents ou davantage, ou une arcade entière, la porte gratuite est ouverte pour un appareil définitif :

  • L'appareil définitif en résine est dans le panier 100 % Santé à partir de neuf dents : 700,40 € pour neuf dents (HBLD101), 1 133 € pour une arcade complète (HBLD031), 2 369 € pour les deux (HBLD035). Les deux conditions s'appliquent toujours.
  • Sans complémentaire responsable, il reste environ 623 € à neuf dents et environ 2 149,70 € pour un dentier complet haut et bas. Le détail du calcul est dans le tableau des quatre régimes.
  • Avec la Complémentaire santé solidaire, c'est 0 €, et à un prix réglementé plus bas — 1 684,25 € pour les deux arcades au lieu de 2 369 €. Voir plus bas.
  • Le stellite reste une option payante : 1 442 € à neuf dents, 1 648 € pour une arcade complète, 3 708 € pour les deux. Si on vous le propose, demandez pourquoi la résine définitive ne convient pas.

« Reste à charge zéro » : ce que ces trois mots supposent

Trois conditions, en réalité. La première est que l'acte soit dans le panier — c'est tout l'objet de cette enquête. Les deux autres ne se lisent sur aucun devis.

L'Assurance Maladie l'écrit elle-même, sur sa page mise à jour le 4 mars 2026 :

« Attention, le reste à charge 0 s'applique seulement si le dentiste est conventionné et si le patient bénéficie d'un contrat de complémentaire santé responsable. »

(ameli, prothèses dentaires.)

L'Assurance Maladie seule n'atteint jamais zéro. Son taux est de 60 % de la base de remboursement — dans le régime général, pour les actes des chirurgiens-dentistes. Trois nuances, qui ne sont pas des détails :

  • Les actes qui peuvent être réalisés indifféremment par un médecin ou par un dentiste restent à 30 % de participation. Un médecin stomatologiste en secteur 1 est donc toujours remboursé à 70 %, parce que ce sont des actes médicaux.
  • Les régimes spéciaux appliquent leurs propres taux : le régime de la CRPCEN rembourse 85 % de la base.
  • Le régime local d'Alsace-Moselle, qui couvre environ deux millions de personnes, a lui aussi ses taux propres. Nous n'avons pas pu établir celui qui s'applique aux prothèses dentaires, et nous ne publions donc pas de chiffre pour l'Alsace-Moselle.

Et 60 % de la base n'est pas 60 % de la facture. Pour un dentier complet d'un maxillaire, la base est de 182,75 € : l'Assurance Maladie verse donc 109,65 €, sur un appareil plafonné à 1 133 €. Dire « environ 110 € » est plus utile que dire « 60 % ».

Le même appareil, quatre régimes, quatre prix

Un dentier complet en résine, haut et bas, le même objet dans les quatre cas. Tous les chiffres sont en vigueur en janvier 2026.

Votre situationCe qui reste à votre chargePrix facturéCe que verse l'Assurance Maladie
Complémentaire santé solidaire0 €1 684,25 € (tarif réglementé)219,30 € (+ 1 464,95 € payés par la C2S)
Contrat responsable0 €jusqu'à 2 369 € (plafond)219,30 € (+ le solde payé par la complémentaire)
Sans complémentaire≈ 2 149,70 € (notre calcul)jusqu'à 2 369 € (plafond)219,30 €
AME≈ 2 003 € (notre calcul)jusqu'à 2 369 € (plafond)365,50 € (100 % du tarif Sécu, rien au-dessus)

Sources des chiffres : plafond 2 369 € et base 365,50 € — ameli, tarifs conventionnels, au 1er janvier 2026 ; taux de 60 % — ameli, prothèses dentaires, 4 mars 2026 ; tarif C2S — tableau de garanties de la Complémentaire santé solidaire, édition janvier 2026, arrêté du 23 février 2024 ; mécanisme de l'AME — note technique du Comede, 15 avril 2026. Les deux dernières lignes sont notre calcul, dont nous affichons les trois données de départ, et non un chiffre publié par une administration.

Et pour les petits appareils, ceux qui vous concernent peut-être

Le même calcul, pour les deux appareils que la plupart des lecteurs de cette page ont en face d'eux :

AppareilPlafondBaseCe que verse la SécuReste, sans complémentaire
Transition, 1 à 3 dents (HBLD364)283,25 €≈ 64,50 €≈ 38,70 €≈ 244 €
Définitive résine, 9 dents (HBLD101)700,40 €129 €77,40 €≈ 623 €
Définitive résine, une arcade (HBLD031)1 133 €182,75 €109,65 €≈ 1 023,35 €

Notre calcul, à partir des plafonds et des bases de la table ameli du 3 février 2026. Nous écrivons « environ 64,50 € » pour la base du HBLD364 parce qu'ameli donne 64,50 € sur sa page professionnelle et 64,40 € sur sa page grand public : dix centimes d'écart, mais l'écart existe. Le plafond, lui, n'est contesté nulle part.

Le plafond est un maximum, pas un tarif. Si vous n'avez pas de complémentaire, demandez au praticien le montant qu'il facturera réellement. C'est la seule variable que vous pouvez discuter.

Le Comede décrit le mécanisme sans donner les euros, dans sa note du 15 avril 2026 : pour les personnes sans complémentaire, le reste à charge est « plus faible, mais non-nul, et généralement bien trop cher ».

Qui doit avancer l'argent

C'est la question qui décide si vous pouvez agir ou non, et elle n'est traitée nulle part.

  • Le dispositif 100 % Santé ne comporte aucune dispense d'avance de frais. L'experte d'ameli le confirme sur le forum officiel. Aucun tiers payant n'est attaché au 100 % Santé lui-même. (source — réponse officielle)
  • Avec la Complémentaire santé solidaire, le tiers payant est obligatoire et aucun dépassement n'est possible sur les prothèses figurant à l'arrêté. Vous sortez du cabinet sans avoir rien payé.
  • L'aide financière de la CPAM est versée directement au dentiste, ce qui évite aussi l'avance.
  • Beaucoup de complémentaires proposent un tiers payant dentaire. Demandez à la vôtre avant le rendez-vous, pas le jour de la pose.

Deux témoignages, et ce ne sont pas des statistiques :

  • Angel, forum de l'Assurance Maladie, 11 septembre 2024 : « je devais avoir un remboursement de 220€ pour une couronne 100/100 santé. J'ai eu la mauvaise surprise de voir un remboursement de 0 euros. » Des franchises impayées avaient été récupérées sur le versement. Elle avait choisi ce panier précisément parce qu'elle n'avait pas d'argent. (source — témoignage) Le mécanisme, qui vaut d'être connu à l'avance : les franchises médicales et la participation forfaitaire ne se paient pas à la caisse, elles sont récupérées par déduction sur les remboursements suivants. Un remboursement attendu peut donc arriver à zéro. Vous pouvez vérifier l'état de ce compteur sur votre compte ameli avant de vous engager.
  • Donzaza, forum de l'Assurance Maladie, 16 juin 2026, la veille de la pose, composites déjà retirés et dents préparées : « on m'appelle au téléphone on me disant que si je fais pas l'avance de la part mutuelle on ne me pose pas les couronnes alors qu'en m'avait assuré l'inverse ». (source — témoignage)

Si vous n'avez pas de mutuelle

C'est la population que la réforme laisse structurellement de côté, et elle n'est pas négligeable : 3,4 % de la population, soit 2,3 millions de personnes, n'ont aucune couverture complémentaire. Sous le seuil de pauvreté, c'est 7 %. Chez les chômeurs et les étrangers, les taux approchent 10 %. Une personne non couverte sur trois invoque le prix. (DREES, Les Dossiers de la DREES n° 137, publié le 1er avril 2026, sur l'enquête SRCV 2023 de l'Insee)

Commençons par la bonne nouvelle : la partie qui soigne coûte peu

La convention nationale des chirurgiens-dentistes, article 18.1, range la prévention, les soins conservateurs et la chirurgie parmi les actes à tarifs opposables. Le prix n'est pas plafonné : il est fixe. Le dentiste facture exactement le tarif de la Sécurité sociale, et le dépasser constitue un manquement à la convention. C'est la différence, rarement expliquée, entre un plafond et un tarif opposable : le plafond fixe un maximum, le tarif opposable fixe le prix.

ActeTarif, janvier 2026Remboursé (60 %)Reste, sans complémentaire
Consultation23 €13,80 €9,20 €
Extraction d'une dent définitive39 €23,40 €15,60 €
Détartrage28,92 €17,35 €11,57 €
Obturation (carie, une face)30,47 €≈ 18,28 €≈ 12,19 €
Dévitalisation d'une molaire114,40 €≈ 68,64 €≈ 45,76 €

Tarifs et remboursements : affiche obligatoire des honoraires, version des Chirurgiens-Dentistes de France, janvier 2026. La colonne de droite est notre calcul (tarif moins remboursement).

Une exception résiduelle existe, et il faut la connaître : le droit permanent à dépassement, accordé à d'anciens praticiens sous les conventions antérieures et fermé aux nouveaux. L'article 19 de la convention interdit de l'appliquer aux actes plafonnés, au panier de la Complémentaire santé solidaire et aux actes du 100 % Santé.

Pour une consultation standard facturée au tarif conventionnel de 23 € et remboursée à 60 %, il reste 9,20 € à votre charge avant prise en charge par l’assurance complémentaire. D’autres actes, des suppléments et des exemptions individuelles peuvent modifier ce montant. Renseignez-vous sur le montant avant de prendre rendez-vous et décrivez précisément vos symptômes réels.

(Sur ce dernier chiffre : selon une donnée du Sénat reprise par l'étude Doctolib / Fondation Jean-Jaurès de mai 2026, 25 % des adultes n'ont pas consulté de dentiste depuis deux ans, et 40 % chez les personnes sans complémentaire. Sur le renoncement aux soins, deux instruments ne disent pas la même chose : l'indicateur officiel SRCV donne 10,0 % pour le dentaire en 2024 ; une enquête DREES de 2021 le plaçait en tête des soins auxquels on renonce, à 17 % contre 5 % pour la médecine générale. Nous donnons les deux avec leur date et leur source. Doctolib / Fondation Jean-Jaurès, 19 mai 2026.)

La C2S, la seule voie réellement gratuite — et comment la demander

La Complémentaire santé solidaire est le dispositif qui règle le problème, quand on y a droit. Depuis le 1er avril 2026 :

  • C2S sans participation : jusqu'à 10 421 € de ressources annuelles pour une personne seule, soit environ 868 € par mois (15 632 € pour deux personnes, 18 758 € pour trois, 21 885 € pour quatre, + 4 169 € par personne supplémentaire).
  • C2S avec participation : jusqu'à 14 069 € pour une personne seule, soit environ 1 172 € par mois.
  • La participation va de 8 € par mois avant 30 ans à 30 € après 70 ans, et ne dépasse jamais 1 € par jour et par personne.
  • Le RSA ouvre droit automatiquement, sans démarche.

Comment on la demande, puisque aucune des pages qui en parlent ne le dit : depuis votre compte ameli, rubrique « Mes démarches », ou par formulaire papier adressé à votre CPAM. À n'importe quel moment de l'année. La réponse arrive en deux mois environ.

7,94 millions de personnes en bénéficiaient fin décembre 2025 — pour un taux de recours estimé à 56 % en 2021. Autrement dit, un ayant droit sur deux ne la perçoit pas : un taux que l'État lui-même traite comme un défaut de son dispositif, au point d'en relever les plafonds en 2026 pour y remédier.

(service-public.fr, actualité du 1er avril 2026 ; ameli, bénéficiaires de la C2S.)

Et un second écart, que rien n'explique. Un dentier complet haut et bas en résine est facturé 1 684,25 € à un bénéficiaire de la C2S — tarif réglementé par l'arrêté du 23 février 2024, repris dans le tableau de garanties ministériel de janvier 2026 — dont 219,30 € payés par l'Assurance Maladie et 1 464,95 € par la C2S. Reste à charge : 0 €. Le plafond général du 100 % Santé pour le même appareil est de 2 369 €. Environ 685 € d'écart, pour un appareil identique, selon le seul régime auquel vous appartenez. Les deux chiffres sont officiels, les deux sont en vigueur, et cet écart ne figure sur aucune page grand public que nous ayons trouvée.

Ses limites, parce qu'elle en a. La C2S ne couvre pas tout : une couronne céramo-métallique sur une molaire laisse 429,98 € à charge d'un bénéficiaire, et les implants en sont explicitement exclus (« Exemple de soins non pris en charge par la C2S […] Implants dentaires — 100 % », tableau officiel). Croire que la C2S paie les implants est une erreur.

Refuser un patient C2S est illégal — article L1110-3 du code de la santé publique, y compris sous la forme d'un délai anormalement long ou d'une demande d'avance de frais. Le testing le plus récent propre aux chirurgiens-dentistes, celui de Chareyron et al. en 2019 pour le Défenseur des droits et le Fonds CMU, trouvait 9 % de refus discriminatoires explicites sur environ 4 500 demandes de rendez-vous. Et seules 147 plaintes pour refus de soins discriminatoire ont été déposées en France en 2021 : l'écart entre l'illégalité et le recours est immense.

Les autres voies, nommées sans être vendues

L'aide financière individuelle de la CPAM. Accordée sur devis, versée directement au dentiste, ce qui évite d'avancer les frais. Le dossier, puisqu'il n'est publié nulle part : le devis, les radiographies, le plan de traitement, votre dernier avis d'imposition et trois mois de ressources. Il se dépose auprès du service action sanitaire et sociale de votre CPAM. Réponse en deux mois environ.

Ses défauts doivent être dits en même temps : elle est discrétionnaire, sous conditions de ressources, d'un montant non publié, variable selon le département, et sans voie de recours. L'experte d'ameli précise qu'elle ne s'accorde « qu'après déduction des remboursements obligatoires et complémentaires » — ce qui explique qu'un demandeur sans mutuelle puisse être refusé précisément parce qu'il n'en a pas.

Existent également, chacune avec ce qu'elle donne réellement :

  • Le CCAS de votre commune : aides ponctuelles, barèmes locaux, à demander en mairie.
  • Les aides Agirc-Arrco ou MSA : secours exceptionnels pour les retraités et les affiliés agricoles.
  • Le microcrédit social : de 300 à 8 000 €, accompagné, distribué via les réseaux associatifs et bancaires partenaires.
  • Les consultations des facultés dentaires : des tarifs rapportés jusqu'à 40 % inférieurs, pour une attente de deux à six semaines.
  • Des associations : Bus Social Dentaire, APAD, Croix-Rouge, Solident, Implants pour tous.

Et l'AME ne donne pas de prothèse. Elle prend en charge 100 % du tarif de la Sécurité sociale, et rien au-dessus. Sur un dentier à 2 369 €, cela laisse environ 2 003 €. Le Comede l'écrit sans détour : « En pratique, l'AME ne permet pas d'obtenir des lunettes et des prothèses […] malgré le dispositif dit "100% santé". »

Les deux conditions du reste à charge zéro Diagramme de flux. Le reste à charge zéro suppose d’abord que l’acte figure dans le panier 100 % Santé, puis deux autres conditions réunies : un dentiste conventionné et un contrat de complémentaire santé responsable ; alors le reste à charge est de 0 €. Sans complémentaire, un appareil de transition de 1 à 3 dents (HBLD364) a un plafond de 283,25 € et une base de remboursement d’environ 64,50 €, sur laquelle l’Assurance Maladie verse environ 38,70 € : il reste environ 244 € à payer si le praticien facture le plafond, qui est un maximum et non un tarif. Zéro euro : deux conditions que le devis ne montre pas L’acte doit d’abord figurer dans le panier 100 % Santé. Restent ces deux conditions, qui ne se lisent sur aucun devis. CONDITION 1 Dentiste conventionné ET CONDITION 2 Complémentaire santé responsable alors LES DEUX RÉUNIES 0 € de reste à charge sinon SANS COMPLÉMENTAIRE ≈ 244 € à votre charge si le praticien facture le plafond Appareil de transition, 1 à 3 dents (HBLD364) : plafond 283,25 €, base de remboursement ≈ 64,50 €, sur laquelle l’Assurance Maladie verse ≈ 38,70 €. Le plafond est un maximum, pas un tarif. « Attention, le reste à charge 0 s’applique seulement si le dentiste est conventionné et si le patient bénéficie d’un contrat de complémentaire santé responsable. » ameli, page mise à jour le 4 mars 2026 Fig. 4 · Sans complémentaire, l’appareil de transition laisse ≈ 244 € à payer si le praticien facture le plafond. Plafond 283,25 € et base ≈ 64,50 € : table ameli du 3 février 2026 ; le reste à charge est notre calcul.

Lire un devis dentaire

Illustration : rassemblez le devis, la proposition alternative et la réponse écrite de votre assureur complémentaire. Les documents présentés sont symboliques.
Illustration : rassemblez le devis, la proposition alternative et la réponse écrite de votre assureur complémentaire. Les documents présentés sont symboliques.

Le devis dentaire n'est pas un document commercial. C'est un formulaire réglementaire, dont le modèle est publié, et dont chaque case a un sens.

Le texte en vigueur est la convention nationale 2023-2028, article 18.4 — et non « l'article 26.4 », numérotation de la convention de 2018 que presque toutes les pages françaises citent encore. Le modèle du formulaire est à l'annexe III, les plafonds à l'annexe V. Un devis écrit est obligatoire avant tout traitement prothétique ou orthodontique, sans aucun seuil en euros.

(Sur le « 70 € » qui circule : deux textes ne disent pas la même chose. L'arrêté du 30 mai 2018, article 7, vise les dépassements d'honoraires atteignant 70 € ; la page professionnelle d'ameli vise les honoraires facturés atteignant 70 €. Ce sont deux tests différents et nous n'avons pas pu les réconcilier. Pour une prothèse, la question ne se pose pas : le devis est obligatoire sans aucun seuil.)

Les onze colonnes, et ce qu'elles vous disent

ColonneCe qu'elle vous dit
N° de traitementadministratif
N° de dent ou localisationadministratif
Cotation CCAM, NGAP ou acte HN« HN » signifie hors nomenclature : prix libre, remboursement nul
Nature de l'acteadministratif
Matériaux utilisésutile pour vérifier zircone / métal / céramo-métal
Panier1 = 100 % Santé · 2 = tarifs maîtrisés · 3 = tarifs libres · 4 = Complémentaire santé solidaire
Honoraires limites de facturationle plafond légal de l'acte — comparez-le au chiffre facturé
Honoraires dont prix de vente du dispositif médicalce que vous payez
Base de remboursement AMOadministratif ; « NR », « NRCA » ou « NPC » veulent dire que vous ne toucherez rien
Montant remboursé AMOla part de l'Assurance Maladie
Montant non remboursé AMOc'est ce chiffre-là, et non le total, qu'il faut envoyer à votre complémentaire

Et une douzième case, dans le bloc des alternatives thérapeutiques, qui ne figure pas dans cette liste et qui décide de tout : « Réalisé par votre praticien » (OUI/NON). La règle R5 du guide de remplissage CNAM/CDF prévoit que si le praticien ne réalise pas l'acte alternatif, il l'inscrit quand même, laisse les colonnes d'honoraires vides et écrit NON. Un NON dans cette case est le signal d'aller voir ailleurs — pas d'accepter l'option chère.

Faites remplir la colonne « Panier » avant de regarder le moindre euro. Un devis dont cette colonne est vide n'est pas lisible.

(Modèle officiel de devis, annexe III ; annexes de la convention et notice explicative ; guide de remplissage CNAM/CDF.)

Les deux pièges imprimés sur le formulaire lui-même

Le devis ne couvre pas tout votre traitement. Son titre le dit : « DEVIS POUR LES TRAITEMENTS ET ACTES BUCCO-DENTAIRES FAISANT L'OBJET D'UNE ENTENTE DIRECTE (Les soins à tarifs opposables ne sont pas compris dans ce devis) ». Caries, extractions, détartrage, dévitalisations, consultation : facturés à part, absents du document. Beaucoup de gens prennent le total du devis pour le coût total de leur traitement. Ce n'en est qu'une partie — la partie chère, mais pas la totalité.

Les montants sont indicatifs. La note (\\\*) précise que les montants remboursés et non remboursés du régime obligatoire « sont informatifs, la prise en charge définitive est définie à la date de réalisation de l'acte ». Un devis signé en décembre peut donner d'autres chiffres si l'acte est fait en février.

Trois corrections aux pages qui circulent

  • Il n'existe aucune validité légale d'un an. Le formulaire ne porte qu'un « Valable jusqu'au (sous réserve de modification réglementaire) », dont la date est choisie par le praticien. La limite pratique est la fin de l'année civile, parce que bases et plafonds changent au 1er janvier.
  • Le devis ne certifie pas une fabrication française. Il distingue seulement « au sein de l'Union Européenne » et « hors Union Européenne ». La mention « En France » a été supprimée lors de la refonte du formulaire en 2019.
  • NR, NRCA, NPC et HN veulent tous dire que vous ne toucherez rien. « HN » signifie que l'acte n'est décrit ni à la CCAM ni à la NGAP : il est donc à prix libre.

Enfin, trois droits rarement exercés : le devis est légalement votre propriété (article 18.4), vous pouvez donc l'emporter ; un acompte ne peut être demandé « que lorsque l'importance des soins le justifie » (article R.4127-240 III du code de la santé publique) ; un reçu est dû pour tout paiement, et aucun moyen de paiement ne peut vous être imposé.

Douze phrases à dire au fauteuil

Ces phrases ne prêtent à personne une mauvaise intention. Elles demandent au praticien de remplir un formulaire que la convention l'oblige déjà à remplir. Chacune est tirée soit de l'annexe III, soit de sa notice, soit des règles de substitution R0 à R5 du guide CNAM/CDF, soit de la table des tarifs 2026.

  1. « Pour un appareil définitif de X dents, quel code CCAM proposez-vous, et dans quel panier ? »
  2. « Pour chaque acte avec un reste à charge, pouvez-vous compléter la partie information alternative thérapeutique du devis ? » — c'est une obligation conventionnelle, pas une faveur.
  3. « Sur ma demande, pouvez-vous me faire une nouvelle proposition de plan de traitement complet, dans un devis distinct ? » — c'est le levier le plus fort, et il est imprimé sur l'annexe III elle-même : « Sur demande du patient, elle peut donner lieu à une nouvelle proposition de plan de traitement complet, dans un devis distinct. »
  4. « Réalisez-vous vous-même l'acte alternatif ? Merci de renseigner la colonne Réalisé par votre praticien. »
  5. « Une couronne céramique monolithique zircone est-elle techniquement possible sur cette dent ? » — depuis le 1er janvier 2026, la zircone est dans le panier sans reste à charge sur toutes les dents (HBLD073). C'est probablement la question la plus rentable de l'année.
  6. « Une couronne métallique (HBLD038) est-elle envisageable ? » — elle est dans le panier sans reste à charge depuis le 1er janvier 2021.
  7. « Quel est l'honoraire limite de facturation de cet acte, et quel montant facturerez-vous réellement ? »
  8. « Quels soins à tarifs opposables s'ajouteront, et pour quel montant ? » — puisqu'ils ne figurent pas au devis.
  9. « Puis-je emporter le devis pour le transmettre à ma complémentaire avant de signer ? »

Et si l'on vous extrait des dents, trois questions de plus, sur le temps :

  1. « Le provisoire est-il facturé séparément du définitif ? »
  2. « Combien de rendez-vous, et à quel intervalle ? »
  3. « Que se passe-t-il si l'appareil ne tient plus dans six semaines ? »

Si vous êtes à la Complémentaire santé solidaire : « Je bénéficie de la Complémentaire santé solidaire : pour les prothèses figurant à l'arrêté, le panier 4 s'applique et aucun dépassement n'est possible sur ces actes. » (Ses limites sont ici : elle ne couvre ni les implants, ni certaines couronnes.)

« Sans reste à charge » suppose toujours les deux mêmes conditions : un chirurgien-dentiste conventionné et un contrat de complémentaire santé responsable.

Et avant même de prendre rendez-vous, une phrase au téléphone qui fait gagner des semaines : « Réalisez-vous les prothèses amovibles du panier 100 % Santé ? » Appelez plusieurs cabinets et posez-la avant de réserver. C'est la question que les personnes citées plus bas n'ont jamais pu poser à temps.

Il doit le proposer, il n'est pas obligé de le faire

C'est l'asymétrie qui produit presque toutes les plaintes françaises sur cette réforme. Les deux règles sont écrites, et elles ne se contredisent pas.

Ce que dit la convention, article 18.4 in fine : « Dans l'hypothèse où le praticien proposerait au patient un ou des actes avec un reste à charge (après l'intervention des complémentaires), le praticien s'engage à proposer une alternative sans reste à charge ou à défaut avec un reste à charge maîtrisé chaque fois qu'une alternative thérapeutique existe. »

Ce que dit ameli, page mise à jour le 4 mars 2026 : « il n'est pas obligé de réaliser lui-même ces actes ».

Les expertes certifiées de l'Assurance Maladie confirment chacune des deux :

  • Géraldine, 10 avril 2026 : « Le praticien doit en effet établir un devis qui doit proposer un traitement reste à charge zéro (RAC 0) ou reste à charge modéré (RAC M). Il n'est pas dans l'obligation de réaliser lui même ce type d'acte. » (source)
  • Élodie, 17 octobre 2022 : « le professionnel de santé n'a pas l'obligation de vous trouver un autre praticien qui effectuera les soins ». (source)

Et l'UFC-Que Choisir, le 23 novembre 2021 : « Il a en effet l'obligation de mentionner son existence mais pas celle de l'effectuer. »

C'est un défaut de conception de la réforme, pas une faute individuelle. Le devis est obligatoire, l'acte ne l'est pas, et rien n'organise le passage de l'un à l'autre.

Ce que cela donne, en témoignages datés et attribués :

  • aurélie, forum de l'Assurance Maladie, 7 novembre 2024. Elle a perdu une prémolaire. Sa dentiste lui a répondu par courriel qu'elle ne proposait pas le 100 % Santé « car ce n'est pas esthétique », et lui a présenté un bridge et un implant. (source — témoignage)
  • VEVErose, forum de l'Assurance Maladie, 18 décembre 2024. Éconduite à l'accueil de plusieurs centres dentaires parisiens avant toute question clinique. Sa conclusion : « J'ai bien compris que les tarifs 100 % santé et les tarifs maitrisés interessent moins les professionnels que les tarifs libre ». (source — témoignage)
  • Et plusieurs autres témoignages datés : Patrick55 (18 août 2021), éconduit par le dentiste qui le suit depuis dix ans ; knarf (17 octobre 2022), à qui l'on dit d'aller chercher lui-même un autre praticien ; Michel et Fus, dans les commentaires d'eurodentaire, en mars et juin 2026.

Le cas inverse existe aussi. Pascale S., commentaire sur eurodentaire.com, 2 septembre 2026, se plaint exactement du contraire : son dentiste ne lui propose que le 100 % Santé alors qu'elle voudrait mieux, et lui a dit qu'il fallait un praticien non conventionné pour obtenir autre chose. C'est faux : un dentiste conventionné peut librement proposer les paniers 2 et 3. Tout le monde ne se heurte pas au même mur, et une partie des malentendus vient d'informations erronées circulant dans les deux sens.

Ce qu'un contrôle officiel a trouvé

Une enquête de la DGCCRF publiée le 3 avril 2025 a contrôlé plus de 1 300 opticiens, audioprothésistes et chirurgiens-dentistes. 72 % des établissements dentaires contrôlés présentaient au moins une anomalie dans l'information du consommateur, y compris sur le 100 % Santé — contre 79 % chez les opticiens et 70 % en audioprothèse. Les dentistes étaient au milieu des trois, pas en dehors.

Sur l'ensemble de l'enquête, et non pour le seul dentaire, la DGCCRF a prononcé 567 avertissements, 495 injonctions, 79 amendes administratives et 29 procès-verbaux pénaux.

Deux pratiques sont citées mot pour mot dans le rapport, et celles-là sont bien dentaires : « Certains devis présentaient même, pour l'offre 100 % santé, un reste à charge pour le patient » et « Un chirurgien-dentiste dénigrait l'offre 100 % santé en la présentant comme une offre de courte durée dont les produits pourraient s'avérer défectueux ».

Deux réserves. D'abord, un contrôle n'est pas un sondage : ces 72 % mesurent ce que trouvent des contrôleurs, pas la fréquence du problème dans la population des cabinets. Ensuite, nous n'avons pas pu lire la page de la DGCCRF directement — economie.gouv.fr refuse les requêtes automatisées — et les extraits ci-dessus nous sont parvenus par la presse professionnelle. (DGCCRF, 3 avril 2025)

Que faire, concrètement

Illustration conceptuelle : comparaison des rendez-vous, du budget et des prochaines étapes pratiques. Cette illustration ne représente ni un patient ni un résultat de recherche.
Illustration conceptuelle : comparaison des rendez-vous, du budget et des prochaines étapes pratiques. Cette illustration ne représente ni un patient ni un résultat de recherche.

La première de ces voies est la seule qui vous obtienne une dent. Les suivantes sont des recours, et nous n'en disons que ce que les sources permettent.

Téléphonez à plusieurs cabinets avant de réserver

et posez la question : « Réalisez-vous les prothèses amovibles du panier 100 % Santé ? » Cela coûte un appel et transforme un mois de déception en un après-midi.

Faites remplir le devis

: la colonne « Panier », la partie information alternative thérapeutique, et la case Réalisé par votre praticien. Un devis dont ces sections sont vides est un manquement — une experte d'ameli l'a confirmé à un assuré le 26 janvier 2022.

Signalez à la DGCCRF

, via sa plateforme SignalConso. C'est l'administration qui a mené le contrôle ci-dessus, et le signalement est le canal par lequel elle apprend ce qui se passe.

Faites saisir la caisse par votre complémentaire.

L'article 56.1 de la convention vise nommément « le manquement à l'obligation de fournir un devis préalable conforme à l'annexe III » et prévoit expressément que « La caisse d'assurance maladie peut être saisie par un organisme complémentaire d'assurance maladie lorsqu'il constate un tel manquement ». Écrivez à votre complémentaire en citant cette phrase et en joignant le devis. Les sanctions de l'article 56.2 vont jusqu'à trois ans de suspension du conventionnement, après une lettre d'avertissement laissant un mois pour se mettre en conformité.

La conciliation auprès de la CPAM.

Le conseil départemental de l'Ordre

du lieu d'exercice « est seul compétent » pour recevoir une plainte. Sa page ne publie ni étapes, ni formulaire, ni délais : la voie disciplinaire vers laquelle le public est renvoyé ne publie pas son mode d'emploi.

Et deux vérifications gratuites, avant même un devis : l'affichage obligatoire des honoraires en salle d'attente (arrêté du 30 mai 2018 : au moins cinq actes courants et cinq actes prothétiques ou orthodontiques), et le statut du praticien sur l'annuaire santé d'ameli.

Trois idées reçues à écarter

Il n'y a aucune condition d'examen préventif préalable.
On lit parfois qu'il faudrait avoir consulté un dentiste dans l'année civile précédente pour être remboursé d'une prothèse. Cette règle n'existe pas en France. La seule condition clinique posée par la CCAM est celle-ci : « A droit à un appareil de prothèse dentaire amovible, tout bénéficiaire qui présente au moins une dent absente et remplaçable, à l'exception des dents de sagesse. » Pas de condition d'âge, pas de position de la dent, pas d'entente préalable, pas de visite préalable. Le dispositif « M'T dents », qui offre un examen bucco-dentaire gratuit pour le patient aux 3-24 ans et aux femmes enceintes, est un droit en plus — pas une porte d'entrée — et il exclut d'ailleurs expressément les prothèses.
Il n'existe ni secteur 1 ni secteur 2 chez les chirurgiens-dentistes.
Nous avons cherché les mots « secteur 2 » dans les 222 pages de la convention nationale : aucune occurrence. « Secteur 1 » n'y apparaît qu'une fois, et désigne des médecins. La confusion vient probablement des stomatologues et des chirurgiens maxillo-faciaux, qui sont médecins et peuvent, eux, exercer en secteur 2. Le binôme qui existe pour un dentiste, c'est conventionné / non conventionné.
« Votre dentiste doit avoir un contrat avec votre assurance » n'est pas une notion française.
Il y a une seule Assurance Maladie. Les dentistes signent une convention nationale avec elle. Ce que vous vérifiez, c'est qu'il est conventionné — c'est le cas de la quasi-totalité d'entre eux — et que votre propre contrat est responsable.

Combien de temps pour un rendez-vous

Illustration : planification du délai d’attente. Aucune date de rendez-vous ni aucun délai de livraison spécifiques ne sont sous-entendus.
Illustration : planification du délai d’attente. Aucune date de rendez-vous ni aucun délai de livraison spécifiques ne sont sous-entendus.

Deux durées très différentes se confondent sans cesse. Obtenir un rendez-vous chez un chirurgien-dentiste prend, en médiane, dix jours en France. Obtenir un appareil définitif après une extraction prend deux à six mois. La première est administrative, la seconde est clinique, et c'est la seconde qui vous fait vivre avec un trou. Quiconque écrit « des mois pour voir un dentiste » se trompe ; quiconque écrit « votre appareil en quinze jours » aussi.

La France pilote l'accès aux soins dentaires sur une enquête de 2016

La seule enquête nationale publique jamais menée sur les délais d'accès est celle de la DREES : terrain de juin 2016 à mai 2017, publiée en octobre 2018, jamais renouvelée. Elle donnait une moyenne de 28 jours, une médiane de 17, et un dernier décile à 67 jours. La DREES qualifie elle-même ces résultats de provisoires. La même enquête notait par ailleurs que, toutes professions confondues, plus de huit rendez-vous sur dix étaient jugés « rapides ou corrects » par les patients, et que le dentaire ne figurait pas parmi les spécialités les plus critiquées sur ce point.

Le Sénat, dans son rapport n° 84 du 28 octobre 2025, va plus loin sur l'ensemble du sujet : « il n'existe pas de surveillance régulière du statut bucco-dentaire des populations vivant en France ». La dernière étude nationale sur les caries de l'enfant date de 2006.

Le meilleur chiffre disponible aujourd'hui vient d'une plateforme privée

Le délai médian pour obtenir un rendez-vous chez un chirurgien-dentiste libéral est de 10 jours en 2025, en baisse d'une journée par rapport à 2023 (Doctolib / Fondation Jean-Jaurès, Cartes de France de l'accès aux soins, publié le 19 mai 2026, sur 234 millions de consultations).

Mais la médiane cache la queue de distribution : 14 % seulement des rendez-vous sont obtenus en moins de 24 heures, 59 % le sont au-delà de sept jours, et l'écart départemental va de 7 jours (Seine-Saint-Denis, Alpes-Maritimes) à 35 jours (Sarthe).

Et ce chiffre est un plancher. L'étude le dit elle-même : ses données n'enregistrent ni les recherches infructueuses, ni les refus de nouveaux patients, ni les renoncements, et « les déserts médicaux les plus sévères sont structurellement sous-représentés ». Dix jours, c'est la médiane de ceux qui ont obtenu un rendez-vous.

L'écart territorial, lui, se creuse officiellement : le rapport d'accessibilité de la DREES entre les 10 % de territoires les mieux et les moins bien dotés est passé de 7,3 en 2021 à 7,8 en 2023, puis 7,9 en 2024.

Comment être vu vite

  • Dites vos symptômes quand vous appelez. L'enquête de la DREES a mesuré exactement cela : le délai médian est de 8 jours en cas d'apparition ou d'aggravation de symptômes, contre 24 jours pour un autre motif. Douleur, gonflement, dent cassée ou tombée : dites-le au téléphone.
  • Appelez plusieurs cabinets et posez la question du 100 % Santé avant de réserver. Un créneau obtenu chez un praticien qui ne réalise pas l'acte ne vous avance à rien.
  • Les centres de santé salariés. La Seine-Saint-Denis compte 58 dentistes pour 100 000 habitants, nettement en dessous de la moyenne nationale de 69, et c'est pourtant l'un des deux départements les plus rapides de France, à 7 jours. L'explication la plus plausible est la densité des centres dentaires salariés — c'est une hypothèse, pas un résultat établi, mais la piste vaut d'être suivie.
  • Les facultés dentaires : des tarifs rapportés jusqu'à 40 % inférieurs, pour une attente de deux à six semaines.
  • En dehors des heures ouvrables, la permanence des soins dentaires ne couvre que les dimanches et jours fériés. Elle est organisée par les conseils départementaux de l'Ordre sous arrêté de l'ARS. On y accède par le 15, le 116 117, les numéros régionaux 3966, ou le site urgences-dentaires.org. Un samedi après-midi ou une soirée de semaine n'a aucune couverture dentaire dédiée.

Entre l'extraction et l'appareil définitif : ce qu'on porte, et ce qui casse

D'où viennent les semaines

De la cicatrisation, et les sources françaises ne s'accordent pas. Nous montrons le désaccord plutôt que d'en faire la moyenne.

Délai avant la prise d'empreinte définitiveQui le dit
4 à 6 semaines minimumun guide de procédure professionnel (dentanorme.fr)
2 à 4 moisune page de cabinet
3 à 6 moisplusieurs pages de cabinets

Aucune recommandation de la Haute Autorité de santé n'existe sur ce point. C'est une décision qui engage deux à six mois de la vie d'un patient, et il n'y a pas de référentiel national. Le même guide note que la résorption osseuse se poursuit pendant environ six mois : l'os continue de changer de forme sous l'appareil.

De la file d'attente clinique. La séquence compte cinq à sept rendez-vous selon un guide de procédure professionnel, quatre à six selon plusieurs cabinets — là non plus, aucune recommandation officielle n'existe. Dans l'ordre : examen et devis, empreinte primaire, empreinte secondaire sur porte-empreinte individuel, enregistrement de l'occlusion, essayage du montage en cire, pose, puis retouches. Chacun de ces rendez-vous doit trouver sa place dans l'agenda d'un praticien dont la patientèle active annuelle est de 710 patients d'après l'étude Doctolib / Fondation Jean-Jaurès.

Le délai nécessaire à l’obtention d’une prothèse comprend l’accès à un rendez-vous, les étapes d’ajustement, le temps de cicatrisation éventuel et la fabrication en laboratoire. Le service « le lendemain » proposé par un prestataire ne détermine pas le délai d’attente pour chaque patient.

Ce que le système offre pendant ce temps

C'est la Porte 1 décrite plus haut : une prothèse amovible de transition en résine, dans le panier 100 % Santé, plafonnée à 283,25 € pour une à trois dents et 535,60 € pour un maxillaire complet.

Pour un patient dont le chirurgien-dentiste est conventionné et dont la complémentaire est un contrat responsable, c'est 0 €. Sans complémentaire responsable, l'Assurance Maladie verse environ 38,70 € sur un appareil d'une à trois dents plafonné à 283,25 €, et il reste donc environ 244 €.

Les prix de provisoire supérieurs à ces plafonds que publient plusieurs pages françaises sont détaillés plus haut.

Une question reste sans réponse. La prise en charge d'un provisoire pendant la cicatrisation d'un implant n'est établie nulle part. Un patient a écrit sur le forum de l'Assurance Maladie, le 7 novembre 2023, que « cette prothèse n'est pas du tout remboursée de base ». L'experte certifiée ne l'a ni confirmé ni infirmé : elle l'a renvoyé vers une page d'aide financière. (source)

Ce qui casse pendant ces mois

Le trou administratif n'est qu'une partie du problème. L'appareil, lui, bouge — parce que l'os se résorbe sous lui.

  • Katia23, forum de l'Assurance Maladie, 3 juillet 2026, trois mois après : le provisoire et le définitif sont inutilisables. « il m'a fait un appareil provisoire qui ne me va pas dutout ». Son dentiste a d'abord refusé de renvoyer l'appareil au laboratoire, au motif qu'elle ne payait rien. (source — témoignage)
  • ben_zen95, forums.pagesjaunes.fr, 4 juin 2025, deux ans après : « un dentier que je n arrive pas a garder plus de 5 minutes en bouche ». La discussion lui a proposé un All-on-4 en Hongrie à environ 18 000 €. Quand il a dit qu'il n'avait pas l'argent, le fil s'est arrêté. (source — témoignage)
  • Véronique S., commentaire sur eurodentaire.com, 4 mai 2025 : « je suis très complexée, j'ai mal souvent et n'ose plus sourire ». (source — témoignage)

Un appareil qui ne tient pas n'est pas un caprice esthétique. C'est la première chose que racontent les témoignages que nous avons lus, et c'est absent de toutes les pages françaises les mieux référencées. D'où les questions 10 à 12 de l'encadré.

Et la dent provisoire qu'on achète en ligne ?

Photographie Denticor : une couronne et son support DentiFlex.
Photographie Denticor : une couronne et son support DentiFlex.

Transparence : ce site vend une dent provisoire à poser soi-même. Voici, factuellement, ce qu'elle est et ce qu'elle n'est pas.

Ce qu’elle est. Denticor est une prothèse esthétique temporaire et amovible destinée à remplacer les dents manquantes. Chaque couronne est choisie en fonction de la largeur de l'espace indiquée dans la commande et associée au matériau de bridge DentiFlex. La prothèse peut être retirée et réutilisée. Pour la mise en place, le nettoyage et le rangement, veuillez suivre les instructions fournies avec le produit ainsi que le guide correspondant aux dents que vous avez sélectionnées.

Ce qu'elle ne fait pas. Elle ne remplace ni la consultation, ni l'empreinte, ni le suivi. Elle ne maintient pas l'espace laissé par la dent absente et n'empêche pas la résorption osseuse : les dents voisines peuvent continuer de se déplacer, et l'os de se rétracter, pendant qu'on la porte. Elle ne fait franchir aucune étape clinique et n'ouvre aucun droit.

Les risques, et ce qu'on peut faire contre. L'ingestion ou l'inhalation si elle se détache — retirez-la avant de dormir. Le traumatisme de la gencive. La carie sous un appareil mal ajusté. Lisez la notice avant usage, et respectez la durée d'utilisation qu'elle indique.

Ce qui existe avant elle. La voie décrite en Porte 1 commence au rendez-vous, et rien ne s'y substitue : c'est un appareil conçu, empreinte prise et posé par un chirurgien-dentiste. Si un appareil provisoire vous a déjà été posé et qu'il casse, sa réparation est un acte du panier sans reste à charge (HBMD020).

Vos droits. Un achat à distance ouvre un droit de rétractation de 14 jours à compter de la réception. L'exception dite « sur mesure » n'est pas automatique du seul fait qu'un produit est présenté comme tel, et l'exception d'hygiène suppose un produit réellement scellé.

Denticor ne correspond pas à la prestation prothétique clinique facturée au titre des codes CCAM mentionnés dans cet article. Les montants de remboursement décrits ci-dessus ne doivent pas s’appliquer à un achat en ligne de Denticor. Les informations relatives au matériau et à son utilisation figurent dans la notice d’utilisation du produit.

Rendez-vous en jours, appareil définitif en moisPanneau 1, délai pour obtenir un rendez-vous. Enquête DREES de 2016-2017, jamais renouvelée, résultats qualifiés de provisoires par la DREES : 8 jours si l'on annonce des symptômes, 17 jours en médiane tous motifs, 24 jours pour un autre motif. À part, et non issu de la DREES : 10 jours, médiane des rendez-vous effectivement obtenus en 2025 selon Doctolib / Fondation Jean-Jaurès, plateforme privée ; c'est un plancher. Panneau 2, délai avant l'empreinte définitive après une extraction, trois sources qui ne s'accordent pas : 4 à 6 semaines minimum selon un guide de procédure, 2 à 4 mois selon une page de cabinet, 3 à 6 mois selon plusieurs pages de cabinets ; au total deux à six mois avant l'appareil définitif. 1 · OBTENIR UN RENDEZ-VOUS Le délai change selon ce que vous dites au téléphone 10 jours médiane des rendez-vous obtenus en 2025 Doctolib / Fondation Jean-Jaurès, mai 2026 Symptômes annoncés Médiane, tous motifs Autre motif 8 jours 17 jours 24 jours 0 10 j 20 j 30 jours Les trois barres : enquête DREES, terrain 2016-2017, publiée en 2018, jamais renouvelée, résultats qualifiés de provisoires par la DREES elle-même · moyenne 28 jours, dernier décile 67 jours. Le repère de 10 jours vient d'une plateforme privée, pas d'une source publique : c'est un plancher, qui n'enregistre ni les recherches infructueuses, ni les refus de nouveaux patients, ni les renoncements. 2 · APRÈS L'EXTRACTION Avant l'empreinte définitive, les sources ne s'accordent pas 2 à 6 mois avant l'appareil définitif Guide de procédure Une page de cabinet Plusieurs pages de cabinets 4 à 6 semaines minimum 2 à 4 mois 3 à 6 mois J0 extraction 2 mois 4 mois 6 mois Aucune recommandation de la Haute Autorité de santé sur ce délai. La résorption osseuse se poursuit pendant environ six mois : l'os continue de changer de forme sous l'appareil. 5 à 7 rendez-vous selon un guide de procédure, 4 à 6 selon plusieurs pages de cabinets. Un laboratoire industriel annonce une expédition à J+1 pour les pièces reçues avant midi. Fig. 7 · Deux durées qu'on confond : le rendez-vous en jours, l'appareil définitif en mois.

Ce que nous n'avons pas pu établir

Aucune source n'écrit noir sur blanc qu'il n'existe aucun code de résine définitive en dessous de neuf dents. Nous l'avons déduit d'une énumération : les treize feuilles de l'arbre de codification d'ameli, ouvertes une à une le 19 septembre 2026, et le chapitre 07.02.03.03 de la CCAM. La déduction est solide ; ce n'est pas une phrase citée. Une réponse écrite d'une CPAM la refermerait.

Nous n'avons trouvé aucune question parlementaire, aucun rapport et aucun document institutionnel qui soulève le seuil de neuf dents. Nous avons vérifié la seule question écrite qui circule sur ce terrain — la question n° 2212 de la 16e législature — et elle porte sur les implants, pas sur les prothèses amovibles. Cette absence est elle-même un résultat.

La prise en charge d'un provisoire pendant la cicatrisation d'un implant reste sans réponse officielle. Question posée, jamais tranchée par l'Assurance Maladie sur son propre forum.

Le délai réel d’obtention d’une prothèse. Nous n’avons pas trouvé de chiffre national à jour dans les sources consultées. Cela ne signifie pas pour autant qu’une telle information n’existe pas ailleurs. Les délais de fabrication publiés par des laboratoires ne mesurent pas à eux seuls le délai d’accès au traitement.

Le taux applicable au 1er janvier 2027 n'est pas fixé, et rien ne dit ce qu'il advient des prothèses des paniers maîtrisé et libre, aujourd'hui à 60 %.

Aucun délai de renouvellement n'est traçable dans un texte officiel. Le « 5 ans » que l'on lit partout, nous ne l'avons trouvé dans aucune source réglementaire.

Le taux de remboursement du régime local d'Alsace-Moselle pour les prothèses dentaires n'a pas pu être établi. Environ deux millions de personnes sont concernées. Nous ne publions pas de chiffre.

La part des contrats « responsables » — souvent donnée autour de 95 % — n'est sourcée sur aucune page officielle, alors que tout le reste à charge zéro en dépend. C'est peut-être la lacune la plus gênante de ce dossier.

Aucune répartition actuelle conventionné / non conventionné n'existe. Le dernier chiffre public date de décembre 2013. D'où « la quasi-totalité » plutôt qu'un pourcentage.

La part des dentistes qui refusent de nouveaux patients n'est établie nulle part — alors que c'est probablement le premier déterminant du délai réel pour qui n'a pas déjà de dentiste. L'étude Doctolib reconnaît elle-même que ses données ne le captent pas.

Nous n'avons pas pu lire deux surfaces officielles. La page de la DGCCRF sur l'enquête d'avril 2025 (economie.gouv.fr refuse les requêtes automatisées) et le texte consolidé de l'article R. 160-5 du code de la sécurité sociale sur Légifrance. Les chiffres concernés sont indiqués avec leur source de substitution.

Notre biais d'échantillonnage, dit franchement. Les témoignages cités ici viennent du forum de l'Assurance Maladie — qui sélectionne par construction des gens ayant un problème, et qui est modéré par le payeur lui-même — de fils de commentaires d'un courtier en tourisme dentaire, et de deux forums généralistes. Reddit et Doctissimo nous sont restés inaccessibles. Et ce que les chirurgiens-dentistes se disent entre eux, sur leur forum professionnel réservé aux membres, n'a pas pu être lu : c'est le point de vue manquant le plus utile pour comprendre pourquoi un appareil plafonné à 1 133 € est si souvent refusé.

Enfin, notre analyse des positions dans Google a été faite depuis un index géolocalisé aux États-Unis. Le contenu des pages citées a été lu directement et daté ; leur classement exact dans google.fr est une approximation.

Ce que la réforme a réellement réussi

Il est facile d'écrire que les soins dentaires ruinent les Français. Les chiffres du gouvernement disent autre chose.

En 2024, le reste à charge des ménages sur les prothèses était de 12,0 %inférieur à celui des soins dentaires hors prothèses (17,9 %) — et la dépense de prothèses a cessé de croître : +0,3 % sur l'année (DREES, Les dépenses de santé en 2024, fiche « Les soins dentaires », publiée en décembre 2025). Le reste à charge dentaire global est passé de 27,4 % en 2010 à 18,8 % en 2019, puis 15,5 % en 2024.

Et le chiffre qu'on cite le plus souvent pour dénoncer les prix français — la couronne parisienne à 704 € relevée en 2018 — désigne aujourd'hui un montant qu'il serait irrégulier de facturer dans le panier sans reste à charge, où le plafond est de 515 €.

Les plafonds ont fonctionné. Le problème français n'est plus que la prothèse soit hors de prix.

Vérifier vous-même

Notre thèse est que personne n'avait vérifié. Il serait absurde de vous demander de nous croire. Voici les sept documents qui tranchent ; vingt minutes suffisent.

ameli — « Les tarifs conventionnels »

(page mise à jour le 3 février 2026) — toutes les bases et tous les plafonds en vigueur au 1er janvier 2026. C'est la source de tous les euros de cette page.

ameli — « Les matériaux et les actes prothétiques inclus dans l'offre 100 % Santé dentaire »

(mise à jour le 4 février 2026) — l'affectation des paniers, et la clause « 9 à 14 dents ».

L'aide à la codification des actes prothétiques

— l'arbre à ouvrir feuille par feuille, d'une à treize dents. C'est là que le seuil devient visible : « métallique » seul de 1 à 8, « plaque base résine » à partir de 9.

Le chapitre 07.02.03.03 de la CCAM

— l'énumération des codes de prothèse amovible, et la phrase sur la condition d'une dent absente. À savoir : c'est un miroir tiers du texte de la CNAM, plus lisible que les surfaces officielles, mais ce n'est pas une source de l'Assurance Maladie.

Le modèle officiel de devis, annexe III

et sa notice explicative — qui contient aussi l'annexe V et ses colonnes de plafonds 2027 et 2028.

L'affiche obligatoire des honoraires, version de janvier 2026

— celle qui doit être dans la salle d'attente. Elle porte en titre : « Remboursement de l'assurance maladie = 60 % de la base de remboursement ».

Les trois dates qui périment une page sur ce sujet

  • 15 octobre 2023 : le taux passe de 70 % à 60 %. Toute page qui dit 70 % est antérieure, ou n'a pas été relue.
  • 1er janvier 2026 : tous les plafonds des paniers sans reste à charge et à reste à charge modéré augmentent de 3 %. Tout chiffre issu d'une table 2025 est donc sous-évalué.
  • 1er janvier 2027 : une nouvelle baisse est programmée, mais son taux n'est pas encore fixé. En revanche, les plafonds 2027 et 2028 sont déjà publiés à l'annexe V et ne bougent presque pas : attendre ne fera pas baisser le prix de votre prothèse.

Les pages d'ameli utilisées ici portent leurs propres dates de mise à jour : prothèses dentaires, 4 mars 2026 ; matériaux et actes du 100 % Santé, 4 février 2026 ; tarifs conventionnels, 3 février 2026. Quand l'arrêté de l'UNCAM fixant le taux applicable en 2027 sera publié, nous dirons ici ce qui change et à quelle date.

Trois choses à faire cette semaine

Prenez le rendez-vous.

Pour une consultation standard facturée au tarif conventionnel de 23 € et remboursée à 60 %, il reste 9,20 € à votre charge avant prise en charge par l’assurance complémentaire. D’autres actes, des suppléments et des exemptions individuelles peuvent modifier ce montant. Renseignez-vous sur le montant avant de prendre rendez-vous et décrivez précisément vos symptômes réels. Demandez aussi : « Réalisez-vous les prothèses amovibles du panier 100 % Santé ? »

Demandez la Complémentaire santé solidaire

si vos ressources sont inférieures à 10 421 € par an pour une personne seule, soit environ 868 € par mois. Depuis votre compte ameli ou par formulaire papier, à n'importe quel moment de l'année. Un ayant droit sur deux ne la demande pas ; l'État a relevé les plafonds en 2026 précisément pour corriger cela.

Exigez la ligne « panier 1 » par écrit

, quelle que soit votre couverture. Un devis dont la colonne « Panier » est remplie et dont la case « Réalisé par votre praticien » est renseignée vous dit en dix secondes si vous êtes au bon endroit.

Le seuil de neuf dents concerne la résine amovible définitive du panier 100 % Santé. Pour 2,3 millions de personnes sans complémentaire, le mot « zéro » ne veut rien dire. Mais la règle, elle, tient en une phrase, et elle est de votre côté : une dent absente et remplaçable peut relever d’un acte du panier 100 % Santé, selon la solution indiquée et les conditions de couverture. Le reste se joue sur un formulaire, et vous savez maintenant quelles cases lire.

Qui écrit, et comment nous corriger

Si vous trouvez une erreur dans cette page, ou si vous détenez la phrase officielle qui confirme ou infirme le seuil de neuf dents, écrivez-nous. Nous corrigerons, en datant la correction.

Cette page est une information générale. Ce n'est ni un avis médical, ni un conseil individualisé. Votre situation dépend de votre propre contrat de complémentaire santé et de votre cas clinique. Seul un chirurgien-dentiste peut se prononcer sur le second. Toutes les données sont arrêtées au 19 septembre 2026. Informations sur les produits et étendue du remboursement clarifiées le 19 septembre 2026.